29 février 2008
Un cousin venu d'Amérique
Surprise il y a quelques jours : un mail m'est arrivé, venant de Canaan, Vermont, USA d'un presque homonyme (... ault et nous en France ... eau) m'assurait que nous devions être cousins... lointains sans doute, mais cousins...
Louis est le généalogiste des ...ault d'Amérique du Nord et il compte 11 générations sur le sol de la Nouvelle France et des USA. Me piquant au jeu, j'ai cherché dans mon ordi parmi 23.554 personnes, si j'avais quelque chose en mémoire concernant son aïeul premier venu de La Rochelle au Québec en 1703. Rien ! Mais je pratique les recherches généalogiques depuis près de 35 ans et je connais pas mal de ficelles pour débusquer les ancêtres. Avec l'aide d'une "cousine" généalogique qui a fouillé dans ses données, j'ai pu communiquer à mon Louis de Canaan non seulement la date du mariage des parents du premier émigré : 10 mai 1676, mais aussi les noms (tronqués pour deux d'entre eux à cause du mauvais état du registre) des grands-parents, nés autour de 1620/1625.
Nous avons fait un heureux ! Car l'enquête continue... Nous allons maintenant chercher le contrat de mariage s'il y en a un. Il faut savoir qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles en Angoumois, Aunis et Saintonge, les contrats de mariage étaient monnaie courante, même chez les plus pauvres. Le notaire se déplaçait à cheval accompagné le plus souvent de son greffier juché sur un âne, jusqu'à la maison des parents de la proparlée (promise) où était assemblés les parents, la famille élargie et les amis. Le contrat était rédigé à la main par le greffier sur son écritoire, et chacune des personnes présentes était désignée nommément avec son degré de parenté : une mine d'or pour le chercheur, qui peut ainsi aisément reconstituer les familles. Ces contrats étaient avant tout des promesses de mariage écrites. En Bretagne, où vivaient mes aïeux, rares sont les contrats de mariage : les futurs fiancés s'engageaient publiquement en face de l'église le dimanche avant la grand-messe et le curé notait simplement le fait sur ses registres. Bien souvent aussi, il omettait le jour des noces, de citer le nom des parents, se contentant d'un succinct "en présence des parents et amis". Grrrr !
La généalogie m'a amenée à pratiquer l'informatique : j'ai commencé avec un 282 qui ne comprenait que le DOS mais qui m'a donné de grandes satisfactions. Puis, avançant dans mes recherches et remontant le temps, j'ai dû apprendre à lire les écritures anciennes et faire de la paléographie pendant dix ans...
Je vous parlerai encore de mes aïeux et vous montrerai sur quoi nous travaillons...
26 février 2008
Attention les filles ! Danger...
En feuilletant le blog d'Arielle http://grisy.net et son univers, un de ses articles m'a fait dresser l'oreille (si j'ose dire !). Comme nous toutes, il a bien dû m'arriver, à moi aussi, de poser mon sac dans un endroit mal approprié, bien qu'en principe, je fasse très attention. Mais désormais, je serai encore plus vigilante, et ferai part autour de moi des risques qu'une simple négligence peut nous faire courir. Merci Arielle de m'avoir donné le feu vert pour que je puise à votre source.
LES SACS A MAIN
Ce message m'a été envoyé par e mail. Je le trouve assez juste et interessant, alors je vous le fais partager.
Je n'y avais jamais pensé. Et vous ?
Avez-vous déjà remarqué les jeunes filles qui posent leurs sacs à mains sur le sol des toilettes au restaurant – et qui lorsqu'elles retournent à leur table le posent sur la table - Ca arrive souvent !
Ce n'est pas toujours « la cuisine du restaurant » qui rend l'estomac malade.
Quelquefois "ce que vous ne connaissez pas" vous fait du mal" !
Lisez la suite...
Les femmes transportent leurs sacs partout ; du bureau au toilettes publiques ainsi que dans la voiture. La plupart des femmes portent un sac à main, mais avez-vous déjà songé où votre sac séjourne pendant la journée Nous avons donc décidé de voir si les sacs à main hébergeaient beaucoup de bactéries. Nous avons appris comment les tester aux Laboratoires Nelson de Salt Lake, et avons donc mis à l'examen le sac moyen de la femme d'aujourd'hui. La plupart des femmes nous ont dit qu'elles ne pensaient jamais à ce qui pouvait se trouver en dessous de leurs sacs. La plupart également nous ont dit qu'elles posaient régulièrement leurs sacs sur la table de la cuisine et sur les plans de travail où la nourriture est préparée.
Il ressort en fait que ces sacs étaient si sales que même les microbiologistes qui les ont testés en ont été choqués ! Amy Karen, Microbiologiste des Laboratoires Nelson dit que presque tous les sacs testés n'étaient pas seulement très fortement chargés en bactéries, mais surtout qu'ils étaient chargés d'une forme très virulente de bactéries. Les pseudomonas peuvent causer des infections aux yeux,
le staphylocoque doré peut provoquer des infections cutanées graves, et
la salmonelle et l'e-coli trouvés sur les sacs à mains peuvent rendre les gens très malades.
Dans un échantillon, quatre des cinq sacs à main examinés se sont révélés positifs à la salmonelle, et ce n'est pas le pire. 'Il y a une contamination fécale sur les sacs' dit Amy. Les sacs en cuir ou en vinyle ont tendance à être plus propres que les sacs en tissu et le style de vie semble jouer un rôle. Les gens avec des enfants semblent avoir des sacs plus sales que ceux sans enfants, à une exception près. Le sac d'une femme célibataire fréquentant des boîtes de nuit a présenté la pire contamination de tous. 'un certain type d'excrément (féces), ou de vomi' a déclaré Amy.
Morale
– votre sac à main ne vous tuera pas, mais il a le potentiel de vous rendre très malade si vous continuez à le placer dans les lieux où l'on mange.
Utilisez des crochets pour le suspendre, dans la maison ou dans les toilettes et ne le mettez pas sur votre bureau, la table du restaurant ou sur le comptoir de votre cuisine.
Les experts disent qu'on devrait penser à son sac à main comme on le ferait avec ses chaussures.
« Mettre une paire de chaussures sur le plan de travail de la cuisine, ou sur le lit, est la même chose que d'y poser un sac à main ».
– votre sac à main s'est retrouvé dans des endroits où les gens ont éternué, toussé, craché, uriné, vomi, etc… ! désirez-vous vraiment ramener cela à la maison ? Les microbiologistes du Laboratoire Nelson ont aussi conseillé de nettoyer les sacs à main.
par Arielle publié dans : Diverses pensées
24 février 2008
Ellen est revenue à la maison
Vous n’avez pas oublié mon amie Ellen, la merveilleuse vieille dame de Caroline du Nord, qui est volontaire sur tous les fronts où la Nature envoie ses catastrophes et les calamités qui accablent les pauvres gens.
Elle m’a longuement écrit pour dire ce qu’elle a vu, et je vous fais part de quelques-unes de ses réflexions que j'ai traduites…
Témoignage après les tornades…
Quelle différence d’un jour à l’autre! Dans les dernières heures du 5 février, les divers membres de la famille de Scott « étendue » ont vaqué à leurs occupations comme d'habitude.
- Marie Virginia Scott Carmouche et son mari Bob dans le cadre de leur confortable maison sur les terres de la ferme familiale
- son frère Willie, qui vivait seul, dans la simple maison de bois voisine où son père est né
- Jack et sa femme Vicki dans un mobil-home de l'autre côté de la route
- Clarence Hayne Scott, le père de Mary, Willie et Jack, avec sa femme Christine dans une caravane à l'ombre de la vieille maison inoccupée et sans électricité où ils ont grandi.
Cette nuit-là, une série de tornades a plongé sur les terres accidentées de cette communauté familiale du Centre-Nord du Tennessee et à l'aube il était évident que la maison des Carmouche avait un trou béant dans façade; que le toit de Willie était parti, que le mobil-home de Jack n’était plus qu’un tas de décombres; que la maison de l'aîné des Scott aînés était partie… et eux aussi. Le corps de Clarence Scott, au soir de ses 80 ans, a été trouvé ce matin en haut près de la grange où il élevait ses moutons, et plus tard dans la journée, celui de sa femme qui gisait dans un champ de l'autre côté de la grande route. Le reste de la famille ne savait plus quoi devenir avec deux maisons endommagées, deux maisons détruites, deux morts et deux obsèques, la perte de 17 moutons et miraculeusement, la naissance d'un agneau en cette nuit qu'on peut appeler celle de "la tempête monstrueuse" C'est juste une histoire parmi les centaines de terrifiantes histoires et la description des destructions engendrées par les violentes tempêtes qui ont sévi cette nuit-là au Tennessee. Comme dans beaucoup de ce type de catastrophes naturelles, les histoires sont strictement semblables, avec seulement les noms, la sévérité des pertes et le nombre de morts qui changent… Certaines sont des étonnants récits de survie, comme ça a été le cas d'une famille de cinq personnes, incluant un nouveau-né qui s'est entassée dans le placard central de leur mobil-home que la tornade a renversé sens dessus dessous. Vous ne pouvez plus distinguer la caravane; elle n'est plus que des débris tordus. Mais ils sont tous sortis vivants. Certaines des histoires sont plus dramatiques que d'autres, mais toutes me brisent le coeur.
Comme je le disais, c'était du boulot, mais j'ai été heureuse de le faire. J'ai eu la bonne fortune de travailler de nouveau avec Ed Porter, ce photographe extraordinaire "le Sage de Sioux City". Il est si bon dans tout ce qu'il fait que notre manager nous a "attelés" comme une équipe de photo/auteur. En somme, nous avons fait du bon travail. Les gens de cette partie du Tennessee sont incroyablement réalistes, fiers, indépendants et gentils, malgré leur souffrance. Ils ne sont pas parmi les nantis de ce pays... Comme toujours, j'ai été heureuse de rentrer à la maison, mais je suis encore plus heureuse d'avoir fait cette expérience. La paix Hélène Scarborough
23 février 2008
Nous continuons le voyage ?
San Carlos de Bariloche
Dimanche 16 mars
« Padre » Edmundo qui devait dire la messe à 6 h, a dû avoir une panne d’oreiller… parce que lorsque je passe à 7.15 h devant la tente des z’Ed, son grand rire me fait soupçonner que la journée ne sera pas triste !
Les commentaires du p’tit déj’ tournent autour de la température « pas loin de moins zéro » dirait Sylvie Joly, de la fraîcheur ( !) venue sur le matin, de l’onglée de Maïté. J’ai une pensée pour ma cousine, persuadée que je suis folle d’entreprendre une telle aventure à mon âge.
Départ à 9 h après les échanges de PQ, chewing-gum et lingettes que chacun s’engage sur l’honneur à rendre après usage. Avant de démarrer, Edmundo achève son maquillage en se passant du blanc à lèvres : pour le rimmel, c’est déjà fait depuis sa naissance…
Il y a de la gelée blanche dans les herbes, les troupeaux divaguent, les vaches et leurs jeunes veaux batifolent au milieu de la piste et Edmundo, ouvrant sa glace, tape sur la croupe de l’une d’elles, au grand scandale d’une voisine qui proteste en meuglant. Quatre chevaux occupent la route, et l’un d’eux rue contre un bai qui s’en éloigne en passant juste devant notre calendre.
Arrêt-baños à Cholita, dans le lieu historique où,
autour des années 1900/1910, les fameux bandits américains Butch Cassidy et le Kid qui, entre deux hold-up ont tenu leur épicerie. Elle fonctionne encore mais dans des locaux visiblement rénovés. La vue de villageois qui sortent de l’église rappelle à Bernard une histoire :
Des Terre–Neuvas sont embarqués pour 6 mois dans les glaces pour la pêche à la morue. L’un d’eux vient à mourir ; avant de jeter le corps à l’eau, ses compagnons veulent tout de même prononcer quelques saintes paroles. Hélas ! les copains ont oublié le rituel de la Messe des Morts. Beau chercher, rien ne leur revient, et ils n’arrivent pas à aligner les psaumes. Soudain le visage de l’un d’eux s'éclaire, il a un souvenir : prenant sa casquette, il fait le tour de ses compagnons pour faire la quête…
Le pique-nique se déguste au bord d’un rio où pêchent des nativos, bordé
de buissons de mûres, avec une chaîne de monts enneigés pour toile de fond. Christian a voulu franchir le rio à gué. Que croyez-vous qu’il arriva ? Pantalon et chaussures furent trempés, mais les chaussettes restèrent sèches (dans ses poches).
Sortant de notre « bord d’eau », par où tourner ? « On va demander à la dame » dit Edmundo. En effet, une abondante chevelure bouclée attend le bus sur le bas-côté de la route, mais ce qui est dessous n’a vraiment rien de féminin ! Nous avons pu garder notre sérieux pendant le temps nécessaire, mais quel éclat de rire en repartant ! C’est la seconde fois en moins de 24 h que le boss se mélange les pinceaux…
El Bolson, et ses hippies post-soixante-huitards nostalgiques et leurs compagnes un peu blettes, se distingue dès l’abord par l’odeur d’encens qui se répand dans le marché. Colliers et colifichets semblent d’époque, et la vente des objets de cuir artisanaux, de graines et de miel écologiques reste leur moyen de vivre « peace and love ». L’herbe qu’elles fument permet à quelques-unes de rester cool, et même baba-cool pour certaines. L’une d’elles, toutes franges et fanfreluches dehors, a les
cheveux tressés retenus par un serre-tête, et la fillette qu’elle tient dans ses bras est la réplique de sa mère. Celles qui ont l’âge d’être grands-mères ont un air décalé que je trouve poignant. Les hippies sont venus à El Bolson il y a plus de trente ans, certains ont vieilli en gardant ce choix de vie. Les jeunes sont-ils leurs enfants, ou bien d’autres idéalistes venus les rejoindre ?
Il y a aussi des enfants des rues, laissés totalement livrés à eux-mêmes, et l’un d’eux a « gardé » pour quelques pièces nos 4 x 4 pendant notre visite au marché, ce qui permet à nos deux z'Ed ne venir aussi y faire un tour.
Un homme a pris Edmundo pour un touriste… et lui propose avec insistance de venir voir son camping où, dit-il, de gentils nains viennent chaque soir rendre visite aux occupants. « Il a dû trop fumer de moquette dans sa jeunesse » résume Edmundo avec philosophie.
Le paysage a encore changé. Nous sommes maintenant dans la haute montagne où la ligne de végétation montre nettement l’altitude au delà de laquelle plus rien ne pousse. Le lac Nahuel Huapi, au bord duquel est nichée San Carlos de Bariloche, est bleu sombre, et des baigneurs s’y
ébattent.
Avant de trouver à Bariloche la rue San Marin et notre hôtel Sureñas, il en a fallu des tours, des détours, des contours, et même des tours de c… ! J’ai à peine posé le pied sur le trottoir qu’un homme aux cheveux blancs m’aborde : « Where do you come from ? » « Ushuaia ». La conversation se poursuit en anglais jusqu’à la question de ma nationalité… Il s’exclame dans un grand rire qu’il est Allemand, mais qu'il vit à Toulon, plus précisément à St Mandrier, et il parle parfaitement le français. Il me précise qu’il voyage seul, qu’il avait épousé une Française, fille d’un Résistant, et que leur fils neurochirurgien a vécu à Buenos Aires mais qu’il est maintenant installé à Troyes. Il a 66 ans et des yeux incroyablement bleus à faire chavirer une sainte. Son nom ? Manfred Syruss…
Maïté, qui a oublié son onglée de ce matin, prétend l’avoir vu la première et ajoute (perfidement !) qu’elle lui trouve l’air « allumé ».
La chambre que je partage avec François donne sur
un jardin abrupt dont le fond est au niveau du troisième étage, et nous avons de l’eau chaude, ce dont les autres, aux étages supérieurs, devront se passer. Après la douche, balade dans « Bariloche », ville très suisse ou allemande, très européenne en tous cas. Y trouverai-je un drapeau patagonien avec « ma » Croix du Sud ? Une 404 rafistolée de fil de fer, n’est pas pire que d’autres,
mais j’ai eu envie de la photographier. Les bâtiments sont dans le style alpin, les cabines téléphoniques en rondins permettent d’appeler Nantes et la famille ; en un mot, le bois est partout. Les chocolats aussi…
« Al Refugio » est un restaurant où l’on prétend offrir la meilleure viande d’Argentine. Rien que ça ! On sert à chacun un plat pour deux, et quand y en a plus… y en a encore ! Comme les cheveux à Eléonore ? Nous sommes les premiers clients : comme les
Espagnols, les Argentins dînent tard. Patron et serveurs sont totalement disponibles pour notre tablée, et ils posent pour les photos, que j’ai promis de leur envoyer par imèle. Leurs prénoms ? Jonatan et Hernan. Les photos ont été envoyées par Internet, et la réponse reçue dans la foulée, où nous sommes invités à retourner les voir…
Nous mettrons leur proposition aux voix.
21 février 2008
La cascade aux toucans
Dans la Cascade aux Ecrevisses, bien connue des visiteurs qui, venant de Pointe à Pitre, prennent la route des Mamelles pour arriver sur la côte Ouest et les plages de la mer des Antilles, il n'y a pas de toucans... Mais on a bien le droit de rêver, non ?
Maintenant que vous avez la réponse à ma petite énigme, vous trouverez plus aisément mon personnage dans la forêt tropicale.
Peut-être vient-elle juste de relever les nasses dans lesquelles elle a capturé les "ouassous", ces écrevisses aux longues pattes bleues que l'on pêche dans les torrents qui dévalent le massif de la Soufrière de la Basse Terre de Guadeloupe ?
Elle va les préparer flambées à la créole ou en brochettes, dorées sur les braises... pour le plus grand plaisir de ses invités...
18 février 2008
Cuisine en plein air...
Aujourd'hui, nous allons peut-être préparer un colombo de porc, de poulet, ou un blaff de poisson... à savourer après le ti-punch ou le planteur qui auront été servis bien frais.
Aujourd'hui, la cuisinière a préparé les légumes dans le jardin fafraîchi par le souffle des alizés, sous le regard de son fils et de la voisine qui apporte une poignée de carottes.
Le voisin pêcheur a mis ses filets à sécher.
Cet instant de vie saisi au soleil des Caraïbes n'est pas le tableau que je préfère, mais je ne le renie pas, car j'ai eu du mal à rendre l'éclat des "canaris" en aluminium.
Avez-vous trouvé le petit détail dont je vous ai déjà parlé, et qui se retrouve systématiquement dans chacune de mes oeuvrettes ?
Visiblement, vous n'avez pas cherché !
16 février 2008
On repart sur les pistes !
Les Alerces
Samedi 15 mars
Y a du relâchement… Non seulement Edmundo n’a pas branché le chauffage central, mais il n’y a pas de croissants ! Le chien noir a trouvé hier soir la cantina à son goût, et il est déjà là à nous faire sa cour avec les yeux doux.
Au cours de la sortie en voiture le long du lac, les paysages sont à couper le souffle. Une balade à pied dans la forêt jusqu’au promontoire nous offre un panorama
sur trois lacs et l’occasion de la photo de groupe, que les potes ont attendu mon arrivée pour faire, car j’ai beaucoup souffert pour y parvenir essoufflée. Mon frein moteur à moi fonctionne surtout dans les montées…
« Vous gagnez votre paradis » ai-je dit aux copains.
« On est preneurs » répond François.
Merci à Edwar qui m’a cueilli une canne et offert son épaule dans les passages difficiles… et si nous nous sommes attardés sous la feuillée, c’est pour le bon motif : prendre des photos de mélèzes (les fameux alcerces) à contre-jour. Il a été mon ange gardien.
J’estime avoir fait mon quota de marche pour ce matin, et, pendant que le groupe va faire une politesse à un arbre de 300 ans, né donc sous le règne de Louis XIV, je reste en tête-à-tête avec toi, mon fidèle cahier.
Un pont de bois enjambe le rio aux transparentes eaux
vertes, où folâtrent des truites arc-en-ciel de belle taille dont on voit nettement les dos sombres. J’ai entendu un « plouf ! » et les cercles concentriques autour du lieu de plongeon disent clairement que ce n’était pas une truitelle. Le sous-bois est magnifique et les sommets couronnés de blanc s’encadrent entre les branches. Le temps sec est magnifiquement ensoleillé, et le Groupo Hardy a été content de sa marche dans l’île.
Salade « mixte » et pomme pour le déjeuner tardif, mais personne ne s’en plaint ! Pas de sieste, malgré les promesses du boss qui nous entraîne découvrir une la Cueva
grotte avec quelques peintures rupestres (3.500 - 4.000 ans),
des dessins en forme de sabliers pointus, des zigzags, peut-être une représentation anthropomorphique. Rien de comparable à
Grimper sur ce roc n’est pas aisé, et j’arrive bonne dernière. De là, une vue panoramique à 360° permettait à ces aborigènes de voir venir le danger.
Un « musée » devant lequel des araucarias font la haie, retrace la vie des premiers occupants de la région, puis des colons, et sont exposés quelques outils astucieux qui facilitaient leur vie quotidienne. Une scène reconstituée montre faune et flore du parc. Maïté aussi se fait tirer le portrait par Marylène « auprès de son arbre »
comme chantait Brassens. Il s'appelle vraiment ainsi...
La cascade Irigoyen est très photogénique, plus encore de l
a route qu’à ses pieds, par le manque de recul. Mais la petite balade qu’elle nous a offert dans la nature reste un bon souvenir. Une cavalière trotte devant nous, le catogan bien sage sur son dos. « Une gaucha » (femme) dit Edmundo en fin connaisseur, ladite a une paire de bacchantes noires qui anéantit ses espoirs lorsque nous arrivons à la hauteur de la monture.
A l’arrivée au camping, pendant que les deux z’Ed s’occupent de l’intendance (cuisine-ciseaux…) nous descendons au lac proche pour voir les
arrayanes (canneliers), ces arbres curieux dont les branches et les racines s’enroulent partout, contournent l’obstacle, cherchant l’eau ou la lumière. Christian se « streep-tease », sauf les chaussettes, probablement pour ne pas avoir froid aux
pieds, avant de plonger avec un grand cri dans l’eau glacée.
Au menu, soupe au poulet et… surprise… 4 pizzas, directement livrées par Edwar, qui est allé les chercher au village. Légères, goûtées, personne n’a calé, et le chien noir en a été pour ses frais. Au cours du repas, les messieurs se mettent à délirer sur les deux randonneuses que nous avons vues près d’ici. Ils se les partagent déjà au tirage au sort, mais aucun ne songe qu’on pourrait peut-être leur demander leur avis, à elles… Ah ! ces féministes…
Demain c’est dimanche, et il se pourrait que Padre Edmundo dise la messe à 6 h devant le lac. Je préviens que ce sera sans moi !
Je pense avoir oublié de noter quelque chose, et demande qu’on me le rappelle demain, parce que ce soir… vraiment… je ne suis plus en état. François et quelques autres exigent que je consigne par écrit ce qui précède. Dont acte…
Nous finissons la soirée en évoquant nos plaisirs de la table française : gastronomie, œnologie… La Croix
14 février 2008
Un coupeur de canne
vers l'usine à sucre.
Vous voyez, je continue dans le même esprit mes "naïfs" à la manière haïtienne, et j'y prends
un plaisir infini. Mon coupeur de canne va porter sa "botte" à l'usine au fond, au toit de tôle ondulée qui commence à rouiller. En principe, la canne est transportée par char à boeufs (maintenant le plus souvent en tracteur) mais ce sera pour un autre tableau.
Je ne travaille toujours pas sur chassis, j'attends d'être plus habile. Ainsi que je l'ai déjà dit, je ne crée pas vraiment, j'interprète librement les modèles dont je m'inspire. En fait, celui-ci vient d'un emballage de boîte de sucre !
12 février 2008
Nous repartons en Patagonie
La forêt pétrifiée
Vendredi 14 mars
Maïté et Alice font des expériences non concluantes avec l’eau du lavabo qui, puisque nous sommes dans l'hémisphère Sud) devrait s’évacuer en un tourbillon tournant à l’inverse des aiguilles d’une montre. Dans quel sens se forme-t-il ? Comme rien de probant ne se produit, Maïté décide que nous sommes (peut-être) sous l’équateur.
Le système WC est efficace si on a compris qu’il faut d'abord plonger la main… noooooon ! pas dans la cuvette ! mais dans le réservoir dépourvu de couvercle, soulever fermement la soupape qu’il faut ensuite reposer à sa place initiale. Elémentaire, mon cher Watkin !.. dirait (à peu près) Sherlock Holmes.
Le car Mercedes de don José a beaucoup plus de 50 ans ; il a visiblement
connu des jours meilleurs, mais question folklo kitsch, il vaut son pesant de cacahuètes ! Il est même « climatisé » grâce à un ventilo de radiateur orienté du côté des voyageurs. Son pare-brise est réparé de gros tapins de mastic au milieu des fentes en étoile. Un sifflet (pour quoi faire ?) est accroché près
du volant. La photo d’une pin-up en tenue de footballeuse donne la note artistique qui manquait à l’ensemble. En voiture Simone ! Nous allons en cet équipage visiter la forêt pétrifiée, pendant que nos deux Ed iront faire le marché au bourg de Sarmiento, et surtout essayer de trouver une solution pour le remplacement de la chambre à air.
Un (tout petit) plein de gazole à YAP permet à un jeune Hollandais de se joindre au groupe des Dix pour les 40 km de route et la visite du site. Il n’est pas près de revoir son plat pays, puisque, après l’Argentine, il envisage de visiter le Pérou !
C’est Omar, le fils de don José que nous avons vu hier préposé à la cuisson des bébêtes, qui va nous guider dans le parc. Il a 28 ans, mais on voit qu’il reste un petit garçon à côté de l’écrasante personnalité de son « padre ». Il est seulement chaussé d’espadrilles de toile noire, alors que nous avons besoin de nos solides chaussures de randonnée.
Aujourd’hui nous avons de la chance, le vent n’est pas très fort dit Omar… il peut seulement nous renverser. La p’tit’ laine, le coupe-vent, les polaires sont de sortie, et aussi les lunettes de soleil. Curieusement, il n’y a pas de poussière, depuis longtemps balayée…
Un tronc solitaire couché donne l’illusion parfaite de ce qu’il était quand il était vivant, et il faut y poser la main pour réaliser qu’il est devenu une roche dont on sent le froid comme sur un marbre lisse. Comment s’est passé le processus de pétrification ? Ces arbres, arrachés par la force gigantesque d’une éruption volcanique, ont été recouverts de terre, de cendres. De l’eau, chargée de silicate s’est peu à peu introduite dans les fibres du bois, en a pris la place et le tout s’est calcifié en quelques millénaires. En somme, le bois a dû servir de moule au pain de silicate. Simple, non ? La Vallée de la Lune offre au regard sa désolation minérale multicolore. Les pierres viennent de minéraux variés et d’origines diverses : elles sont ocre, roses, rouges, grises, vertes… la palette ne manque même pas de bleu puisqu’il est au-dessus de nous. Ce serait le site le plus important au monde de bois
pétrifiés (même Yellowstone ne peut aligner que 3 troncs, c’est dire…) et il y aurait ici des restes de dinosaures. Feuilles et fruits ont aussi laissé leurs traces, mais nous n’avons regardé que les centaines de troncs, que leur pétrification a gardés intacts en apparence.
Une longue marche dans ce qui me fait penser à la garrigue de Pagnol, mais où manqueraient le thym, les yeuses et asparagus… ici, de courts buissons d’épineux, dans les pierrailles des anciens bois éclatés. J’ai laissé les autres
crapahuter dans les caillasses pour aller voir de plus près une falaise que je vois parfaitement avec mes jumelles. Pourquoi me faire des misères ? J’ai tout le site pour moi, si on excepte un couple de photographes munis d’objectifs « longs comme ça », et même encore plus. J’ai l’impression d’être dans un lieu de désolation totale, mais les couleurs intenses sous le soleil atténuent mon sentiment, et cela d’autant plus que quelques toutes petites plantes parviennent à fleurir dans ce désert.
J’ai failli me perdre, mais mon sens de l’orientation m’a aidée à retrouver le bus en arrivant en haut d’un promontoire d’où j’ai pu le voir tout en bas, où est aussi resté don José.
Nous avons laissé notre Hollandais à la même station-service où il trouvera bien un autre véhicule pour continuer son voyage, avant de retrouver nos z’Ed à l’estancia. La souriante maîtresse de maison joue l’Arlésienne ce matin, et seuls don José et Omar nous font de grands signes au moment du départ.
Nous repassons devant l’autel en hommage à Gaucho Jill, le Robin des Bois argentin qui volait les riches pour donner aux pauvres...
Un lac incroyablement vert a fourni hier les truites du dîner. Des familles pêchent ; est-ce pour leur consommation ou pour vendre afin d’améliorer leur ordinaire ? Nous avons peu vu de traces de la crise que traverse actuellement le peuple d’Argentine, ruiné par ses gouvernants indignes : seulement quelques files d’attente devant des
bâtiments officiels… même dans des petits bourgs. Une "deudeuche" nous surprend au coin d'une rue de village !
De plat, l’horizon est devenu vallonné, puis la Cordillère des Andes s’annonce au loin, avec ses neiges. Des chansons ont agrémenté notre après-midi, "le ciel clair de Buenos Aires", mais aussi "les midinettes de la chaussée d’Antin", "Lili Marlène", "le chant du guardian de Camargue", bref, les avant-derniers tubes de l’été austral… Des flamants roses sur un plan d’eau le long de la route font
sortir les appareils photos. Ce sont les seuls que nous verrons. Ah ! nous avons vu aussi 5 motocyclistes…
Des rails ! oh ! pas bien larges, 75 cm, mais ce sont bien des rails qui traversent la route ! Ce sont ceux du mythique petit train de Patagonie, qui a failli mourir, et qu’une bande de « fêlés » a pu sauver de l’oubli. Il est là, plus loin, sur une voie de garage, mais il fume ! Il est devenu mondialement célèbre parce qu’un écrivain a donné son nom à un de ses livres : Old Patagonian Express. C’est aussi
non loin d’ici que Butch Cassidy et le Kid se sont installés pendant plusieurs années, après avoir échappé à la police des USA qui les poursuivait pour leur série de méfaits à la fin de l’avant-dernier siècle. Il y a quelques années dans le Far West américain, nous avions mangé dans le restaurant (alors une banque) où ils avaient commencé leurs exploits.
Nous sommes près d’Esquel, et nous devons stopper à un énième barrage de police, qui cherche peut-être encore Butch et le Kid ? Le policier de kaki vêtu, fait l’important et demande les papiers des chauffeurs, ceux des véhicules, la liste des passagers… qu’il va vérifier au poste sur son ordinateur. Il aura de la matière ce soir pour gonfler le rapport circonstancié qu’il soumettra demain à ses supérieurs. Pensez : des 4 x 4 boliviens, conduits par deux Péruviens, transportant dix Français sur les routes d’Argentine… de quoi, selon Edmundo, se voir attribuer des points supplémentaires sur son « permis d’emm… le monde ».
Il reste 80 km avant d’arriver au parc des Alerces, et nous louvoyons un peu dans Esquel, parce que c’est la première fois qu’Edmundo vient ici. Le « parque » enfin atteint est gigantesque, et nous apprécions mal les distances sur le schéma des dépliants qui nous ont été donnés à l’entrée. Maïté : « Dommage qu’on n’ait pas d’échelle », ce à quoi rétorque Bernard «… et sans échelle, c’est pas facile de grimper ! »
Beau écarquiller les yeux, pas de camping à l’horizon, mais des buissons de fuchsias sauvages (j’ai trouvé la bonne orthographe !) et de curieuses fleurs blanches qui font penser à des marguerites au cœur sombre. La route nous semble longue ; serait-il possible qu’Edmundo soit passé devant sans le voir ?
Pucon Paï… nous y voici enfin ! Devinez qui a dit « Pus qu’on paye, pus qu’on est bien »…
Après l’apéro (toujours le pisco chilien !) il y a au menu la soupe du sachet (aux pâtes) un plat argentin selon la recette de Daniela, la femme d’Edmundo : des courgettes revenues avec des oignons sur lesquelles on jette des œufs battus, et servies avec du poulet pané : ceci pour compenser les agapes gastronomiques faites chez don José. S’il l’osait, le « boss » dirait que nous faisons carême ! car le tout est suivi de poires au jus, et arrosé de vin de Burgoñas… le luxe, quoi ! Un chien noir finit les restes, et même un peu plus, car Madeleine va fouiller dans la poubelle pour lui.
La douche est chaude, et les petites lessives sont étendues sur des ficelles que des routards ont laissées là. Chaque tente a son lampadaire, sa table-bancs et une prise électrique, bien pratique pour recharger les batteries des caméras et appareils photos..
Un coup d’œil admiratif à la Croix du Sud avant d’aller dormir sous ses étoiles… Nuit fraîche ? On peut le dire… mais j’ai eu la flemme de sortir un bras du duvet pour me recouvrir de ma parka. En revanche, mon matelas se serait-il dégonflé ? Non ! j’ai seulement fait un demi-tour de trop et suis par terre...
09 février 2008
Works in wilds of Tennessee
Je reçois ce matin un mail de mon amie Ellen m'annonçant son départ imminent pour le Tennessee, dévasté par les récentes tornades. Elle sera absente deux semaines, peut-être plus. Je rappelle à ceux qui n'ont pas lu ce que j'ai écrit d'elle auparavant que cette femme étonnante est une ancienne journaliste, bénévole de la Croix Rouge dont elle conduit un gros camion porteur de matériel de première urgence, qu'elle parcourt les USA sur les divers lieux de catastrophe, qu'elle trouve encore le temps d'écrire des articles relatifs à ce qu'elle voit et que les "piges" que lui paient les journaux sont reversées par elle à la Red Cross (Croix Rouge). Elle vit depuis trente ans avec un seul rein, puisqu'elle a donné l'autre à son fils... et qu'elle a plus de 80 ans à ce jour.
Je suis si fière d'être parmi ceux qu'elle honore de son amitié...
La voici lors d'une interview qu'elle a accordée à la TV lors de mon dernier séjour chez elle. "Ils me prennent pour une vache sacrée" dit-elle avec philosophie.
