30 novembre 2007
Tremblement de terre
Hier soir 29 novembre, un coup de fil autour de 21 heures : ce ne peut être qu'Hélène, ma fille de Guadeloupe qui, habituellement, m'appelle plus tard...
"Ne t'inquiète pas : nous avons eu tout à l'heure un très fort tremblement de terre mais il n'y a pas de blessé". Elle m'explique alors que, lorsque tout a commencé, Bernard et elle sont sortis en courant de la maison, et qu'elle s'est couchée dans le jardin à plat ventre, tandis que son mari regardait la maison se faire secouer dans tous les sens... Cela leur a semblé long... très long... presque une minute ! Lorsque, enfin, ils sont rentrés, tout ce qui est accroché au plafond se balançait, ce qui est accroché aux murs était de travers... et ce qui était tombé était cassé...
Ils sont alors sortis regarder la mer, car un tsunami est toujours à craindre. Deux de ses trois fils sont à Saint Domingue, où le séïsme a aussi été ressenti.
La Martinique a, une fois encore, payé un lourd tribut, après le cyclone Dean de ces derniers mois et la catastrophe aérienne de l'an passé. Le Bon Dieu doit se faire un peu vieux...
28 novembre 2007
New Mexico is there !
Ma journée d'hier a été placée sous le double signe des States et de l'amitié... Le matin, j'ai reçu de la fée Elotine le magnet qui me manquait pour avoir les 50 états des USA. Les magnets n'étant pas aux bonnes proportions, ils reconstituent le pays de manière approximative... En haut, les 40 états que j'ai parcourus...
Alignés en bas, les 10 que je ne connais pas (... pas encore ?)
Et, en début de soirée, j'étais invitée avec quelques autres par Sarah Moore, originaire de Caroline du Nord, à élaborer et à partager "le" repas de Thanksgiving, qu'Américains et Canadiens partagent afin de commémorer leur première année d'installation au Nouveau Monde. L'hiver de 1620 avait été terrible, et sans l'aide des Indiens, les "pilgrims" du Mayflower n'auraient pas survécu : près de la moitié sont morts au cours des premiers mois. La première récolte en 1621 ayant été abondante, ils décidèrent de consacrer une journée à Dieu afin de le remercier (thanks) de leur avoir accordé la vie.
Mangèrent-ils de la dinde à cette occasion ? Pas sûr... En revanche, les citrouilles leur avaient permis de survivre. C'est pourquoi le repas de Thankgiving est traditionnellement composé de dinde farcie aux craneberries (sortes d'airelles) et de tarte à la citrouille (pumkin pie).
Le jour de Thanksgiving est fixé le troisième ou le quatrième jeudi de novembre, et c'est l'occasion pour les familles de se retrouver de façon conviviale, plus à leurs yeux importante que Noël, mais on n'offre pas de cadeaux.
Pas d'embouteillages sur la piste
La steppe patagonienne… c’est plat !
et même raplapla
Mercredi 12 mars
A 9 h tout est plié, nous partons confiants vers l’unique sortie de la capitale mondiale du trekking… mais la route est coupée pendant une heure pour travaux (les éboulements de ces derniers jours). Il a neigé cette nuit sur la montagne en face : normal, c’est la fin de l’été, le mauvais temps ne va pas tarder. Après avoir
admiré le panorama, le temps n’en finit pas de s’étirer, et le quiproquo se dissipe : nous avions compris qu’il y avait une heure d’attente. Erreur ! c’est jusqu’à 1 h ! Après négociations, il se pourrait qu’on puisse dégager à midi.
Les uns partent à pied jusqu’à la cascade que j’ai découverte hier avec Edwar, les autres font du shopping, de cuir en particulier, dans l’unique boutique un peu « relevée » du coin. En plus des tapis de souris, il y a des batiks indiens. Je craque pour un chapeau de gaucho en cuir de Patagonie pour compléter ma collection de bitos « from everywhere » dont Edmundo se coiffe illico. Je rapporte de chacun de mes voyages un chapeau que j’arbore parfois à certaines occasions.
La station téléphonique n’a qu’une seule cabine qui permet d’accéder à l’international. Nous avons du temps à perdre et attendons sans impatience en observant les Chalteniens qui, n’ayant pas le téléphone à la maison, viennent ici, comme autrefois en France, nous allions aussi à la Poste. Lorsque La Mamma
A midi et des brouettes, nous pouvons enfin quitter El Chalten et la civilisation, puisque la route 40 traverse la steppe patagonienne. Ce soir, l’étape est prévue à Baja Caracoles où, si tout va bien, nous devrions être entre 8 et 9 h.
Dire de la station-service où nous allons pique-niquer à l’abri du vent qu’elle est vraiment loin de tout est un euphémisme : elle est au milieu du néant, mais une Toyota nous y a cependant précédés. Quelques condors et des guanacos ont été, depuis El Chalten, nos seuls compagnons de voyage, hormis un couple de cyclistes avec remorques, celle de la femme ayant en plus, un petit nounours ! Le vent a beau les pousser dans le dos, la perspective de la distance qu’il l
eur reste à parcourir dans cette morne plaine me déprime…
D’étranges nuages couronnent les sommets, prouvant que des vents tourbillonnants soufflent entre les montagnes. A quoi vous font-ils penser ?
Lapins morts, tatous vivants ou écrasés sur la piste sont, avec un troupeau d’une vingtaine de ñandous, les seuls témoignages de vie de notre journée. Ah ! n’oublions tout de même pas les 4 voitures ou camionnettes croisées en 7 ½ heures de conduite… Presque une autostrade, cette route 40 dite Panaméricaine… qu’on a seulement oublié de goudronner.
Sur le bord de la route, au bout du chemin qui conduit aux estancias, des maisons miniatures montent la garde. J’imagine que c’est là où le facteur dépose le courrier et les colis de la Redoute.
« Les marchands de clôture doivent faire fortune ici » réalise soudain Bernard… « Vous m’en mettrez 20 km pour commencer ».
Baja Caracoles est un hameau de 100 habitants qui, ainsi que beaucoup d’autres de même « non importance » figure sur la carte nationale d’Argentine, et où on peut trouver la police, un hôtel, une station-service-combustibles et c’est tout. Pas question de sortir en boîte cette nuit ! Repas à 9 h, et, en attendant, certains vont faire le « tour du bourg » dans le vent glacial qui balaie violemment la steppe, ce qui permet à Marylène de constater que la station-service n’est pas combustible ainsi qu’elle l’avait cru en lisant trop vite l’enseigne… François et moi sommes arrivés un peu tard pour fixer un étrange nuage rose dans le couchant. La fenêtre de notre chambre ne pouvant s’ouvrir, il nous a fallu remonter un interminable couloir, longer deux murs pour voir enfin la portion du ciel qui nous intéressait. Mais le vent en altitude a vite modifié notre nuage, qui ne ressemblait plus à rien.
Les autres clients de l’hôtel sont un groupe d’ingénieurs qui travaillent dans les exploitations pétrolières de la région. Même menu pour tout le monde : ragoût de bœuf aux pâtes et crème chocolat en dessert, arrosé de vin Santa Ana.
26 novembre 2007
Mes naïfs à la manière haïtienne
Depuis que je vois la vie en couleurs grâce au grand chirurgien ophtalmo (1.98 m) qui m'a opérée six fois, après l'aquarelle et mes cartes marines, je me suis mise à l'acrylique...
Pour être franche, c'est à l'occasion d'une vente promo de Lidl qui, au printemps, vendait de quoi se faire plaisir à bon compte, que j'ai acheté mes premiers tubes de peinture et quelques cartons toilés. L'angoisse de la surface blanche ne s'est pas manifestée... Quoi peindre de pas trop compliqué que je pourrais accrocher à mes murs ? Des "haïtiens", bien sûr ! Enfin... des presque véritables, car des vrais, j'en ai quelques-uns que mes séjours aux Antilles m'ont permis d'acheter ou de me faire offrir. J'ai aussi beaucoup de photos de marchés, avec des personnages typés, dont je pourrais m'inspirer.
Je vous livre une de mes premières moutures... et j'attends vos critiques !
D'accord, j'ai pris des libertés, et j'ai fait de la marchande d'épices une vendeuse de fruits et légumes, dans un décor plus champêtre qu'urbain, mais c'est ça aussi l'imagination ! Et je me suis bien amusée, na !
Mes naïfs sont naïfs et maladroits, mais le douanier Rousseau est maintenant accroché au musée, alors qu'on s'est bien payé sa tête... Alors, le Louvre est peut-être pour bientôt... et je vous interdis de rire !
23 novembre 2007
Ca vous a plu ?
El Chalten
capitale mondiale du trekking
Mardi 12 mars
Marylène, qui a fini par décrocher son bac (dans ses cauchemars, elle tente de l'avoir depuis plus de trente ans...) a vu cette nuit un immeuble où nous étions installés s’écrouler par le vent, mais nous étions tous saufs…
Après le p’tit déj’, Paolo se pointe juste comme les sandwiches sont en phase finale de préparation. En voiture !.. Une vingtaine de kilomètr
es après El Chalten, un modeste restaurant El Pilar, situé au bord du torrent, nous offre la place où garer les 4 x 4.
Le sentier boueux, en partie inondé, est impraticable, et, derrière Paolo, nous devons marcher dans les roches, enjambant arbres morts et gros cailloux. Merci Monsieur Decathlon de vos confortables croquenots de randonnée dans lesquels je me sens en sécurité. Nous progressions jusqu’ici sous les arbres en suivant le torrent, mais il s’agit maintenant de le franchir sur des troncs d’arbres entassés et couchés par-dessus. Leur stabilité est suffisante pour des sportifs aguerris, mais moi pensant à mes prothèses, comme les chevaux, je renâcle… On a beau me dire « Viens… » je reste sourde ! Annette a beau cligner de l’objectif à mon intention, les autres crieraient bien « olé ! » s’ils l’osaient, je tiens bon… C’est François qui emporte la décision en m’annonçant que la TV est là…
Pas après pas, avec l’aide de deux copains tenant un bâton qui me sert de garde-corps, un troisième qui me tend la main, je franchis le Rubicon. « L’ai-je bien traversé ? » aurait demandé Cécile Sorel. La progression continue dans les éboulis et la caillasse, mais au gué suivant, je dis « non ! », laissant les courageux poursuivre seuls leur longue marche dans la montagne (6 heures prévues).
Edwar, le pôvre, a été désigné pour tenir le rôle de mamy-sitter ; s’il est contrarié, il n’en laisse rien paraître et garde le sourire. Nous revenons
à pas mesurés par le même chemin en bavardant. Des lichens sur une roche dessinent un bouquet. Le passage du gué sur les troncs mal calés est moins difficile qu’à l’aller, et puisque je ne dois compter que sur la main d’Edwar et sur moi-même, j’y vais bravement.
Au « Pilar », je m’assois au bord du torrent pour guetter le Fit
z Roy dans son écrin de nuages. Dans une trouée bleue, il dénude une épaule, mais me refuse son sommet. Il a été vaincu en 1952 par Lionel Terray, un Français que j’ai eu le grand bonheur de rencontrer vers 1950, après sa victoire de l’Annapurna avec Maurice Herzog. Il faisait une tournée de conférences pour trouver l’argent nécessaire à l’expédition qu’il projetait au Fitz Roy. Bien que de hauteur moyenne, cette muraille verticale de granit était réputée impossible à conquérir, et nul jusqu’ici n’y était parvenu. J’avais assisté à l’une des conférences « Connaissance du Monde » qu’il avait données à la salle Colbert, et, bien entendu, j’étais toute fiérote d’en parler autour de moi. Or, Lionel Terray dormait chez les parents de l’une de mes anciennes amies de classe qui m’a invitée à aller chez elle. J’avais 18 ans, et au cours de cette soirée, n’ai dû lui dire que des banalités, mais je l’ai beaucoup écouté… J’étais, comme le futur Fitz Roy, sous le charme de cet homme qui parlait avec tant de simplicité. Il est mort quelques années après, d’une chute dans le Vercors, et les journaux avaient titré : « Le Lion abattu ».
Edwar soulève les capots de ses chers 4 x 4, et observe les moteurs qu’il fait ronronner. Un homme jovial qui lui a parlé apprend par lui que je suis Française. Il s’illumine soudain et dit avec un fort accent espagnol « Mon grand-père est venu ici de France et je m’appelle Alberto Bilotte ». Berger basque venu de Bayonne au début du XXe siècle, le grand-père a eu une trentaine de descendants, dont certains, comme lui, parlent encore le français. Son épouse et les amis qui l’accompagnent ne connaissent que l’espagnol, mais leur sourire est chaleureux. Je suis invitée à poser avec eux pour une photo de groupe, dont Alberto me dit que j’en suis le personnage principal ; on se quitte après une embrassade générale.
Edwar propose de retourner au-delà d’El Chalten, sur la route d’El Calafate pour essayer de voir la star Fitz Roy sous un autre angle, mais nous attendrons en vain l’éclaircie qui aurait dévoilé son sommet. Comme quoi les jours se suivent… Hier, il s'offrait à nos regards avec tant de complaisance !
Un détour par le minuscule cabanon du Visitor ‘s Center, où on ne donne qu’une seule documentation par groupe… Vous connaissez les Français : je me suis plongée dans l’observation minutieuse des ossements exposés, j’ai étudié les cartes du massif, le gardien a fini par regarder ailleurs… j’ai ainsi pu rafler une pincée de doc pour les copains…
Il est 13.30 h et, après une petite trotte, nous voici, Edwar et moi, dans le décor d’une cascade dont nous ferons notre salle à manger. La nature a prévu des rochers plats pour s’assoir, mais les arbres sont en train de mourir par la faute de chenilles noires et velues qui mangent leurs feuilles et les asphyxient.
Retour à El Pilar, où les nuages couronnent maintenant le massif aux noms familiers : Guillaumet, St Exupéry (rappelez-vous « Courrier Sud ») Mermoz… Il y a aussi la Montagne Electrique, à deux sommets, l’un rouge, l’autre blanc de neige.
Edwar a encore beaucoup soigné et bichonné ses moteurs pendant que je confie à mon cahier mes états d’âme. Il a dans sa voiture un porte-bonheur : une plume de ñandou (rappelez-vous, ce sont ces petites autruches qui courent sur la piste en ébouriffant leurs plumes) à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, et qui reste habituellement fichée au revers de son pare-soleil. Dans les moments qu’il juge dangereux pour elle, il la planque quelque part où elle est à l’abri du regard des douaniers ou des policiers qui pourraient lui chercher des poux dans sa plume. Chacune de nous l’a eue en main, mais nous l’avons rendue à son légitime propriétaire, parce que sa rareté la rend d’autant plus précieuse.
Marylène arrive avec Edmundo. Trois heures pour monter, deux pour redescendre, elle en a eu assez. Les autres et Paolo vont revenir par un autre itinéraire (4 heures prévues). Nous rentrons au chalet où je n’ai pas le temps de prendre mon tour pour la douche que les autres arrivent déjà. Eux non plus n'ont pu revoir le sommet du Fitz Roy... Sauf Jean-Claude, les autres filent dare-dare à la micro-brewery où nous ne tardons pas à les rejoindre : une adorable maisonnette de bois abrite une brasserie artisanale dont la vedette est Lazaro, un cardinal du Nord qui a ses
habitudes et vient taper au carreau lorsqu’il veut entrer. Manuela prétend mal parler l’anglais, mais quel serait son débit si elle le parlait couramment !!! Elle nous fait visiter l’arrière-salle où est brassée sa bière, en expliquant le processus de fabrication, simple selon elle… mais il faut tenir compte de la température ambiante et du temps de maturation suivant le degré désiré (et aussi de l’âge du capitaine ?) Un Livre d’Or recueille notre témoignage, et un panneau du mur est orné de billets de banque de diverses origines, où figure même notre nouvel €.
Le téléphone n'a pas trouvé nos correspondants : comme hier, ils sont absents, et nous rentrons déguster le bourguignon au filet de bœuf que nous ont mitonné nos guides. Paolo sera des nôtres. En attendant le dîner, il faut faire sécher les chaussettes épaisses et le linge qui a pris l’humidité au cours de cette journée. Des ficelles tendues artistiquement en feston autour du poêle à bois reçoivent même du papier
toilette, et le chef aidé de Marylène agite au-dessus du couvercle de fonte les feuilles les moins atteintes qui pourront tout de même servir.
Nos randonneurs m’ont rapporté de la montagne un étrange cadeau de la nature : une sorte de ruban grisâtre, doux au toucher. Il s’agit de feuilles de linga qui, tombées à la surface d’une mare stagnante, se sont lentement décomposées, et la cellulose ainsi obtenue sèche au vent sur des buissons lorsque vient le beau temps… Un papier naturel, en quelque sorte !
Les copains ont décidé que c’était mon anniversaire, et ils ont un autre cadeau pour moi. Avec des mines de conspiratrice, Alice va chercher quelque chose qui, me dit-on, me sera très utile… Au vu du paquet, je devine tout ! c’est mieux qu’à Cuzco, car cette fois, il ont apporté un tibia (de quoi ?) trouvé en altitude et bien nettoyé par les charognards ou les condors, qui n’est peut-être pas vraiment à ma taille, mais que le Docteur Coisy devrait apprécier, et pour lequel il ne me comptera que la main d’œuvre, faisant ainsi faire l’économie d’une prothèse à la Sécurité Sociale.
Cette photo est dans le dossier médical que mon chirurgien, qui a beaucoup d'humour, brandit à chaque consultation en demandant quand on se décide...
Hélas ! la "chose" est restée à El Chalten...
Mais il veut bien aller la chercher !
Et il me prendra comme guide, promis, juré !
19 novembre 2007
Je vous emmène en voyage
Sa Majesté le Fitz Roy
Lundi 10 mars
Le glacier doit s’assoupir pour la nuit, on ne l’a pas beaucoup entendu. Le vent nous a réveillés plusieurs fois, la fraîcheur aussi !
Au moment du départ, Maïté a voulu se rincer les gencives une dernière fois… à l’essence diluée dont nous étions tous munis dans nos bouteilles individuelles, venant par erreur d’un jerrican qui en avait contenu. Elle n’a pas aimé du tout !
Les condors font leur travail de nettoyage dans un champ, sans doute sur une charogne… et, cette fois, on les a eus ! Ils sont une dizaine, qui s’envolent pour notre plaisir.
Passage à nouveau par El Calafate, son supermarché, son téléfon d’où j’appelle la France... et son contrôle policier…
Pique-nique près de peupliers qui ont les pieds dans l’eau, mais le décor
est sans égal, et le vent pas franchement glacial ! L’estancia qu’on voit de la route n’est pas gênée par les voisins. Abritée par un rideau d’arbres, elle est installée près d’une rivière, condition sine qua non pour le bétail.
Au Rio de la Leone
Chacun s’y essaie avec des fortunes diverses, mais le champion incontesté est Jean-Claude, qui a cru gagner un whisky plus facilement qu’hier. Il a seulement le privilège d’ajouter son nom au palmarès sur le Livre d’Or qui permet de constater que quelques Français ont traîné leurs guêtres dans les parages au cours des mois précédents. Pour le consoler, on lui payera le pisco ce soir. Irma, la jeune fille de la maison, nous montre la technique pour gagner (presque) à tous les coups…
Jean-Claude cet après-midi de 2003, n’est pas en Patagonie, mais en Algérie dans les années 60, où Bernard a eu la chance de n’être pas allé… De quoi parleront donc nos minots d’aujourd’hui lorsqu’ils auront 60 ans ? Dites un peu…
Le Fitz Roy dresse au loin sa noire silhouette si reconnaissable, voilée
d’une légère brume bleue, et il nous reste en point de mire jusqu’à El Chalten.
Un lièvre patagonien gît sur la piste : il a dû faire preuve de beaucoup de patience avant de croiser la voiture qui allait le suicider, car ils sont rares aujourd’hui, les véhicules sur le chemin de Sa Majesté le Fitz Roy.
A une déviation de la piste, la voiture de tête, conduite par Edmundo, a disparu. Nous roulons souvent à 1 km
chauffeur d’un camion qui vient juste de déposer deux cyclistes routard(e)s penché(e)s sur leurs sacs. Deux femmes ? En cet endroit… loin de tout ? Nous voyons les hanches de l’une… et les longs cheveux de l’autre. « En tout cas, dit Bernard, elle a une barbe ! » Allez savoir…
Une photo du Fitz Roy avec le soleil en face a pu être prise à la volée, grâce à une main secourable qui a mis son ombre sur mon objectif… Mais j’ai dû basculer un peu le cadrage pour que la « dextre » de Bernard ne soit pas dans la culotte du Fitz Roy !
Nous aurions pu ne pas arriver à El Chalten à cause d’un éboulement qui a emporté une partie de la route à l’entrée du village, qui se proclame tout de même
urbi et orbi « la capitale mondiale du trekking », un village de 100 habitants qui a vu ce soir sa population augmenter d’un coup de 12 % !
Un chalet a été prévu avec 16 lits à se répartir « suivant affinités » : une chambre à deux que se réservent nos guides, puis 2 chambres à trois, et 2 chambres à 4 que nous occuperons partiellement, 2 salles de bains, cuisine et un vaste séjour avec un poêle à bois. Une laverie un peu plus loin va permettre de se sentir mieux, mais,
pour y aller, il faut bien se couvrir. Le vent froid descend de la montagne à cheval (ah ! non… ce n’est pas le vent, mais des chevaux et des cavaliers qui descendent de la montagne dans le vent froid)
Après le Martini en apéro et la bolognaise en plat de résistance, Paolo est venu partager avec nous le flan (maison) du dessert. A l’aide d’une carte, il explique que les eaux ont monté… beaucoup monté, et plusieurs balades sont impossibles à faire. Pour les autres itinéraires, il faut s’attendre à avoir les pieds mouillés, ce qui semble ne réjouir personne. Pour ma part, la vue du Fitz Roy, que je n’ai pas quitté des yeux cet après-midi, suffit à mon bonheur. Pourquoi se faire des misères et mouiller mes chaussures neuves ? Réflexion jusqu’à demain.
15 novembre 2007
Paillettes et générosité
Je vous ai déjà parlé de mes cousins "à la mode de Bretagne".
Nadia, la jeune épouse de mon "cousin" Jean-Marc, fait partie d'une troupe de théâtre amateur qui, chaque année, avec les moyens du bord et beaucoup d'huile de coude, monte une revue dont tous les bénéfices sont destinés à des associations caritatives... Trop prise par ses devoirs de mère de famille et d'enseignante, elle a pris une année sabbatique, et j'ai alors proposé mes services, non pour monter sur scène (quoique...) mais pour aider à la confection de costumes de scène.
Et voilà
comment j'ai dû tailler deux robes du soir dans des tissus précieux pour habiller Marcello, qui, avec d'autres, ne craint pas de chausser des escarpins strassés à talons aiguille ni e
ndosser des robes à paillettes pour la bonne cause. Les patrons Burda n'ayant pas prévu la place du "muscle Kronenbourg" du mannequin, j'ai dû, vous pensez bien, imaginer, rabouter, innover, pour faire entrer sa bedaine dans le fourreau...
Les répétitions en costume ont commencé, mais je vais attendre le mois de décembre, comme le public, pour voir mes oeuvres sous les sunlights, où je prendrai les photos de la star avec perruque et maquillage. Et je vous les ferai voir...
Et dire que, pendant ce temps, il y a des gens qui s'ennuient et ne savent quoi faire de leurs mains !



