La route sera longue

Samedi 1er mars 2003

Flo prend les bagages de la baroudeuse : le gros sac est pour moitié rempli du matelas auto-gonflable prêté par un copain et du duvet, laissant peu de place aux accessoires divers et mes petites culottes. En ayant laissé une au Pérou lors de mon dernier séjour, je les ai chapitrées… Outre le gros sac, il y en a aussi un pour Aquiles qui contient des pulls… plus mon sac à dos avec les appareils photos. Il n’y aura pas d’image de départ, les piles HS refusant d’obtempérer, et Jean-Claude (sans son lavabo) ayant pris au trot la direction du quai. Nous voyagerons en 1ère, Maïté, préposée à l’achat des billets, n’a pas de goûts de luxe : elle a seulement calculé la dépense au plus juste…

Il pleut sur Nantes, chantait déjà Barbara : il pleuvra aussi demain sur Ushuaia dit la météo que François a consulté sur Internet.

Ruben et ses condisciples, auxquels un article avec photo est consacré dans Ouest-France de ce jour, font le principal sujet de notre conversation dans le train, puis nos souvenirs de « mères » de Japonais, d’Ouzbeks etc.…

Roissy : l’escalator est hors d’usage et notre groupe attend longtemps dans le froid une place dans l’ascenseur sur-sollicité. Regroupement au niveau 4, où Maïté avise un employé qu’avec une belle unanimité nous déclarons coupable de ce dysfonctionnement. Beau joueur, il téléphone avec le sourire pour s’informer et nous indiquer où trouver les Aeroliñeas Argentinas. Ne reste plus qu’à attendre Big Chief et sa Marilyn que nous avons élue bombe sexuelle de l’équipe.

Bien entendu, ça tintinnabule au passage de mes prothèses, mais la position du crucifié écartelé ne sera pas immortalisée sur pellicule. Ma lime à ongle me sera rendue mais je dois signer un registre.

Où est mon passeport ??? Et ma carte d’embarquement ???

Le sac à dos vidé sur la banquette me permettra de retrouver les deux en ordre dispersé. La tradition continue…

Jean-Claude a encore rêvé ! Le Big Chief avait décidé que notre linge sale serait lavé en famille, mais la laundry n’était équipée que de machines de 15 kg. Après distribution du linge lavé, Annette s’était ainsi retrouvée culottée de l’un de mes slips, dans lequel la malheureuse flottait, et elle devait marcher les jambes écartées pour ne pas le perdre, tandis que le T-shirt dont j’avais hérité me laissait le nombril à l’air. Jean-Claude, tu deviens libidineux !

Madrid entrevue, deuxième capitale de la journée, me fait penser à Richard Bohringer : c’est beau, une ville la nuit.

Porte B 21 Buenos Aires. Je chante aux copains comme la vie sera belle là-bas, sous le ciel clair, mais nous n’avons plus 18 ans le bel âge. Cependant l’horoscope d’un magazine de janvier nous en promet de belles ! Sauf François qui n’est pas satisfait du pronostic, le reste de l’équipe jubile au vu des perspectives offertes. Qui donc a raconté l’histoire de la dame venue consulter un gynécologue qui diagnostique une salpingite ? « Salpingite… d’où ça vient, ça ? » demande la dame. « C’est du grec… » commence le médecin. « Ah ! j’me doutais bien qu’il était malade… »

Christian est tout fier de nous montrer un disque dur amovible de 20 Go  sur lequel il peut stocker 2.000 photos. Pendant notre attente, j’ai parlé aux copains d’un accessoire que j’ai dans mon sac et qui les fera bien rire, mais, pour le moment, je laisse l’affaire en suspens, si j’ose dire.

Dans l’avion, nous pourrons suivre sur l’écran les renseignements techniques concernant le vol, et si, pour l’instant, la velocidad annoncée est de 0 km, je sens qu’il va falloir pédaler dur ! Alice m’a proposé le hublot afin de laisser ma place près de l’allée à Jean-Claude qui, ainsi, pourra se déplacer aisément. Je ne m’en plains pas !